Affichage des articles dont le libellé est Iriomote. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Iriomote. Afficher tous les articles

jeudi 10 août 2017

Chutes de Pinaisara



Je profites du retour d'Eriko à Ishigaki pour faire mon touriste et l'emmener aux chutes de Pinaisara, à 55 mètres les plus hautes de la région.



Yohei, le guide en chef de Sorakaze, vient nous chercher au port d'Uehara, ainsi qu'une famille d'Osaka. Il nous explique le maniement de la pagaie et nous remet à chacun gilet de sauvetage, chaussures marines, sac imperméable et bouteille d'eau dans son étui isotherme en bandoulière. Et en avant pour la mangrove.

 

Nous traversons la jungle au gré des explications du guide sur l'abondante faune et flore d'Iriomote.

 

Après 40 minutes de trek, nous découvrons la vue époustouflante du sommet des chutes.

 


Là-haut, notre super guide, ancien rugbyman, plus de 15 ans d'expérience, sort la tambouille de son sac à dos. Au menu, nouilles au porc, ciboule et gingembre confit, les fameux Yaeyama soba.

 

Nous redescendons ensuite pour admirer les chutes d'en bas, et s'y rafraîchir.

 




 


Après que Yohei nous ai raccompagné au port, Eriko et moi descendons en stop jusqu'à Shirahama pour prendre le bateau vers Funauki et camper sur la plage de Ida, la plus belle de toutes les îles Yayeyama. En aller utiliser la douche du loueur de matériel de plage, située en plein air derrière les bosquets, nous rencontrons à la lueur de ma lampe torche un magnifique habu adulte, ensomeillé à côté du tuyau. Mon sursaut le fait se dérouler lentement, puis il rampe quelques mètres plus loin pour nous laisser la place.

Nous passons alors une nuit enchanteresse, seuls sous une myriade d'étoiles.

mercredi 8 février 2017

Voyage organisé

Avec Yoshi, nous sommes dépêché sur l'île d'Iriomote pour tester un voyage organisé (ツアー tsuaa) afin que nous puissions mieux le vendre à nos clients de l'hôtel.

On est tous les deux autocollé d'un "A" pour signifier notre appartenance à l'option A proposée par le Yamaneko Tour de l'office du tourisme d'Iriomote.



De ferry en péniche et en bus, nous sommes trimbalés d'est en ouest, d'un bout à l'autre de l'île, en passant par une brève excursion sur l'île de Yubu, que nous rejoignons à l'aide d'une des fameuses calèches à buffle.


On nous tire le portrait, et à chaque arrêt nous sommes invités à acheter des souvenirs (おみやげ omiyage) sous forme de petites grignoteries industrielles insipides individuellement emballées et empaquetées dans une boîte à l'effigie du lieu d'achat.


Le bufflier rassure les passagers un peu inquiets du bon traitement de l'animal, qui bénéficierait d'amples plages de repos.



Le déjeuner est copieux, et alors que nous l'entamons un serveur s'emploie à décrire à haute voix les éléments qui le compose, passant chaque ingrédient en revue. Il n'aura pas terminé sa longue tirade que bon nombre d'hôtes n'auront plus sous le yeux l'objet de ses explications.


Il nous est ensuite octroyé 30 minutes de répit sur une plage de "sable étoilé" (星砂 hoshi zuna), que la grande majorité des touristes passe, souvent vainement, à tenter de récolter ces grains de sable en forme d'étoile. J'en profite pour faire quelques brasses, je rencontre à 50 mètres de la plage un apnéiste local en épaisse combinaison de plongée, capuche et chausson de palme. L'eau est pourtant bonne à 23°C.


Enfin le bus s'arrête de nouveau 30 minutes à l'extrémité ouest de l'île, le village de Shirahama, que je fais visiter à Yoshi jusqu'à l'auberge La maison des gens de la mer. Nous apprécions grandement le calme de notre balade, admirant les belles collines verdoyantes qui surplombent la baie.

lundi 6 février 2017

La chanson de Marumabonsan


Après avoir passé la nuit sur la plage de Sonaï, en retournant à Shirahama au petit matin pour tenter de nouveau de rencontrer M. Nagasaki, mon regard avait été captivé par cette île minuscule et irréelle, et ses habitants feuillus dont je me demandais alors s'ils étaient heureux.

De retour au boulot quelques jours plus tard, je montre la photo de ce qui s'avère être l'île de Marumabonsan au manager M. Nakayama, qui m'apprend que l'endroit est célèbre et inspire aussi les chanteurs populaires :



dimanche 29 janvier 2017

Yoshi


On s'est donné rendez-vous avec Yoshi à l'entrée de la rivière Urauchi, pour prendre un bateau qui longe des montagnes jonchées d'une jungle infinie, et nous dépose au chemin de trek que l'on emprunte jusqu'à la cascade de Kanpirei.






Le sentier est aménagé pour offrir une balade agréable et accessible à tous, sans équipement particulier, tout en préservant intacte une faune et une flore qui inclut de nombreuses espèces rares.


Comme le célèbre chat sauvage d'Iriomote, unique à l'île.



En chemin, Yoshi évoque les six mois vécus à Iriomote il y a deux ans, travaillant dans un restaurant sur l'île adjacente de Yubu, à l'est. Après un bon sommeil, il entrepris un jour avec un ami la traversée de l'île d'est en ouest, un périple de 16 heures sans repos entamé à 2 heures du matin et terminé au coucher du soleil, dont il se demande encore comment il en est sorti vivant. La présence de son ami sans douteainsi que les voix bienveillantes des divinités qui l'ont accompagné au cœur de la jungle.




Aux chutes de Kanpirei nous rencontrons un groupe d'amis et leurs enfants qui sont venu d'Ishigaki et de Naha pour honorer les nombreuses divinités locales, résidant ici dans un écoulement d'eau, là dans un arbre centenaire.









Malgré que je ne me soit quasiment pas lavé depuis deux jours, jusqu'au bain salvateur dans l'eau fraîche des chutes de Kanpira, je me sens purifié par nos deux heures de trek dans la jungle éternelle, et je ne peux qu'imaginer l'étendue du spectre émotionnel qu'a traversé Yoshi pendant son périple.



Yoshi me dit osciller entre conformisme et revendication de sa singularité. Lorsqu’il se marginalise trop, il est rappelé à l’ordre par ses pairs. Pourquoi joue-t-il de la guitare ? Pourquoi l’enfant d’Hokkaido, pays du froid, part-il habiter sur une île du Sud ? « Le machin qui fume de la marijuana », comme l’appelait un cuistot de l’hôtel à la pause, est aussi perçu ainsi, par son côté bohème, hippy, bien qu’il soit la plupart du temps si consensuel. Pour comprendre la marginalité à laquelle renvoie cette périphrase, il faut savoir que la plante n’a rien de banal ici, une actrice célèbre d’Ishigaki ayant par exemple été carrément ostracisé pour avoir été surpris à la consommer en octobre de l’année dernière.

Après l'avoir accompagné au terminal de ferry de Uehara, d'où il rentre un jour avant moi, sirotant une bière à l'abri d'un arrêt de bus, Yoshi lance timidement :

"- Tu ne trouves pas que notre boulot est... ennuyant ? Découper des petits morceaux de papier, coller l'adresse de l'hôtel sur les étiquettes de bagages...
Je continue, - ...dérouler et re-rouler des serviettes humides pour les mains, expliquer aux clients qu'il faut tirer le rideau quand ils prennent une douche et fermer sa porte à clef quand ils sortent... Bien sûr que c'est ennuyant !
- De plus il y a un nouveau problème ; Teruya et Watanabe se sont engueulées si violemment que Teruya menace de démissionner.
Je souris - Haha ! Mais c'est plutôt drôle ça, les deux collègues les plus chiantes, tant mieux si elles se chamaillent entre elles plutôt qu'engueuler d'autres collègues plus cool.
-Pas faux."

Il aura fallu à Yoshi une heure de bateau, l'île la plus sauvage du Japon, un trek au cœur de la jungle peuplée de divinités, et une gorgée de bière décidément salvatrice pour qu'il exprime le fond de sa pensée.

Avant que sa nature taiseuse le replonge dans un silence rêveur.

samedi 28 janvier 2017

Plage de Ida

Intéressé par le personnage de Masafumi Nagasaki, j’entreprends d’aller lui rendre visite sur son île de Sotobanari au large d’Iriomote.

Au port de Shirahama, on m’apprend qu’il habite désormais sur la plage de Mokutan, et qu’il vient fréquemment récupérer un peu d’argent auprès de sa sœur dans la capitale Ohara, et faire ses courses à l’unique magasin de Shirahama. La plupart des gens que je croise le connaissent et si certains sont agacés par sa célébrité et l’image par trop libertaire qu’il donne, la plupart le trouvent fort sympathique.

Dommage pour moi, le seul moyen pour m’y rendre est de louer un bateau, trop cher, ou les services d’un guide en kayak. J'apprends par les tenanciers de l'Auberge des gens de la mer que les locaux refusent désormais de louer des kayaks à des touristes seuls à cause de certains problèmes qui ont eu lieux par le passé.

Je prends la navette pour le village de Funauki, qui traverse justement le bras de mer entre l’île de Uchibanari et la plage de Mokutan, nouvelle résidence de M. Nagasaki. Des bateaux de pêches voguent doucement ça et là sur le bleu de l’eau rendu étincelant par les rayons du soleil au zénith.


Passé le village de Funauki, où plusieurs cannes à pêche sont posées devant chaque maison, et traversé 500 mètres de jungle, je débouche sur une faille spatio-temporelle. Nous sommes en plein été, dans un paradis de bleu éclatant où les rares nuages flottent sur l’eau avec une tranquillité impassible.


Jack Steward et Colton Smith, les deux aventuriers de l'émission états-unienne Rock the Park de ABC, sont avec leur équipe en train de tourner un épisode sur Okinawa.


Sous l’eau les poissons multicolores dansent entre les coraux.


Mes pieds sont transportés par la caresse irréelle des roches scintillantes, douces et chaleureuses, offrant au regard d'apaisants motifs ondulés, jusqu'au bout de la plage d'où j'aperçois l'île de Sotobanari, où le vieux Nagasaki vécu seul pendant 25 ans.