mercredi 19 avril 2017

Plage de Yonehara

La plage de Yonehara est l'équivalent à Ishigaki de la plage d'Aragusuku à Miyako : Une grande bande de sable fin, un spot de snorkeling accessible et foisonnant. Vue sur les montagnes en prime.



 
 

Au couchant l'azur du ciel, électrique, rivalise d'intensité avec le miroir doré de la mer.


Et le sable rosit sous la caresse des derniers rayons du soleil.



dimanche 16 avril 2017

3ème rencontre annuelle des locuteurs de miyako

Ce dimanche avait lieu la troisième rencontre annuelle des locuteurs de miyako, le dialecte de l'île du même nom. Point d'orgue de la soirée, Kenan Célik a conquis l'audience, une fois n'est pas coutume, avec sa prononciation impeccable et ses nombreux jeux de mots qui ont provoqué des éclats de rire généralisés.

 


 
 

mercredi 12 avril 2017

Certificat de plongée Advanced Open Water (AOW)

Les principaux niveaux de plongée subaquatique sont au nombre de quatre, tels qu'ils sont admis par les deux grandes associations internationales  CMAS (Confédération mondiale des activités subaquatiques) et PADI (Professional Association of Diving Instructors). En vertu d'un accord de non exclusivité entre les deux organisations, on peut progresser en passant les niveaux délivrés par l'une ou l'autre.

Détenteur du premier niveau (Open water) obtenu avec CMAS, j'ai ainsi pu passer le deuxième niveau (Advanced open water) avec un instructeur agrée par PADI.



J'avais ainsi sollicité Kahoo le 8 avril, accompagné par Shiho et Kayo. Arrivé au large de Kayama, la petite île qui fait façe à Kohama, il ouvre cette première journée de formation en nous faisons plonger sous les 18 mètres, seuil maximum autorisé pour les plongeurs de niveau un.



Nous faisons ensuite cap sur Uganzaki, où nous explorons des grottes sous-marines pour entraîner ma flottabilité.




Après un repas sur le bateau de nouilles au porc agrémentées de lamelles de gingembre vinaigré, Kahoo passe en revue les rudiments de la navigation subaquatique pour préparer l'exercice suivant. Navigation par instruments, en utilisant la boussole et en comptant nos palmées; Et navigation à vue, en repérant notre trajectoire à l'aide de repères artificiels (bateau, ancre...) et naturels (formations de coraux aux formes et/ou couleurs identifiatbles...).





Nous avons couvert lors de la première journée les deux plongées requises pour passer le niveau Advanced open water : une plongée profonde, et une de navigation. Les trois plongées suivantes permettent d'introduire la variété des activités subaquatiques, au choix : plongée de nuit, éxploration d'épave, grottes et passages, identification des espèces, photographie, flottabilité optimale...




Kahoo me donne rendez-vous pour la deuxième journée de formation ce matin. au large de la plage d'Osaki, il plonge en apnée pour arrimer l'ancre du bateau. Ce spot de surf hivernal fameux est désormais, depuis l'acalmie printanière, propice à l'exploration sous-marine.




 

Un calmar contemple longuement, visiblement intrigué, notre descente vers les profondeurs. Il joue avec les couleurs de sa robe, passant du vert au jaune au rose pâle, et ondule lacivement ses tentacules dans une danse hypnotique.

Tout juste passé les 30 mètres, me sentant fébrile et respirant de façon haletante l'azote, dangereusement concentré à cette profondeur, je demande à Kahoo de commencer la remontée afin de ne pas risquer de nouveau la narcose (窒素酔い chissoyoi) vécue à Yonaguni. Kahoo m'assure que ces effets s'estomperont avec l'expérience.


 

Nous effectuons ensuite les exercices de flottabilité (une minute en apesanteur), bouée de reconnaissance, et ratissage et récupération d'objet (search & recover). Kahoo, content de mes prouesses, est impatient de me voir passer les niveaux suivants (Rescue puis Master) et me propose même une place dans son équipe à l'occasion.


mardi 4 avril 2017

jeudi 30 mars 2017

Travail de jour

Le matin le réveil sonne à 7h00, mais je ne me réveille pas avant 7h20, puis je prépare le café, dont l'odeur m'aide à émerger. Je le sirote en dégustant un bol de yaourt parsemé d'une petite poignée de granola bio aux fruits secs, de quelques amandes, de fruit (banane, kiwi, mangue...), d'une petite cuillère de graines de chia et occasionnellement d'un trait de miel. Exceptionnellement, les lendemains de fête notamment, je prépare des pancakes dont je mange deux ou trois le matin même, avec des rondelles de banane et du sirop d'érable ou de noix de coco, et je garde le reste pour le dessert du soir ou en guise de snack après le surf.

J'enfile un tee-shirt blanc et une chemise kariyushi, l'unique paire de jeans que je possède, chaussettes et chaussures. Après y avoir jeté mon ordinateur portable ultrabook, mon carnet de terrain, une trousse et un tumbler de café, j'attrape ma sacoche et je quitte mon bâtiment mauve de deux étages, salue les enfants de la garderie en face de chez moi, remonte la côte en passant devant le panneau du "Nonbiri Café" puis du okonomiyaki-ya "Kou", et enfin longe les champs de canne avant de déboucher sur l'entrée du parking de l'hôtel.

Je le traverse en diagonal, laissant l'entrée principale sur ma droite pour aller emprunter la porte de service. Je cherche une de mes chemises kariyushi de fonction indiquée par ma taille et mon numéro : M11, je la fait glisser de son cintre et file à travers les bureaux en disant bonjour aux employés déjà présents, comme le manager M. Nakamura, toujours le premier arrivé et le dernier parti, travaillant en continu sans un jour de repos de la semaine.



Après avoir passé mon badge devant le pointeur électronique, je descend les escaliers jusqu'au vestiaire des hommes, et ouvre mon casier tout en déboutonnant ma chemise, que j'enlève pour passer celle récupérée à l'entrée des bureaux. Je remplace mon jeans par un pantalon noir, de la poche duquel j'extirpe mon badge pour le clipser à la poche frontale de ma chemise, afin d'indiquer aux clients mon nom et les langues que je maîtrise, symbolisées par trois drapeaux japonais, états-uniens et français. Et j'enfile mes chaussures noires sans lacets, aisées à retirer avant de passer le seuil des chambres, et à 2,900 yens les moins chers de ce type. Yoshi porte exactement les mêmes, mais une taille plus petite (27), ce qui reste un peu trop grand pour lui et lui fait traîner les pieds de façon clownesque.


Je remonte les escaliers et prend la porte juste à gauche qui mène au lobby. Je dis bonjour aux collègues et m'assied à un des trois bureaux qui est disponible pour consulter les entrées du jour sur le fichier excel de communication, les e-mails internes, les réservations au restaurant et le bulletin météorologique hebdomadaire.


On peut séparer les employés de la réception en deux groupes associés à des fonctions différentes : Les employés assis (Watanabe, Teruya, Yoshi, Wang...), facturent les clients sur le départ et entrent les données informatiques correspondantes, tout en préparant les entrées du jour. Les employés debout (Xin, moi-même..., voir photo ci-dessous) récupèrent les bagages de ces mêmes clients et organisent leur départ. La majorité utilisant une voiture de location, nous leur en demandons la clef pour la conduire du parking à l'entrée de l'hôtel, et après avoir chargé les bagages y escorter les clients. Nous nous plaçons ensuite devant la voiture sur le côté pour les remercier en s'inclinant sur leur passage.

 

Hormis l'attente et l'accompagnement des clients qui partent, les employés debout sont chargés de nettoyer le lobby, les fenêtres de la porte électrique coulissante de l'entrée principale, balayer la cour et le fumoir à l'extérieur, de recharger les étalages de prospectus touristiques, de changer les fleurs placées sous la vitre de chacune des deux tables basses, et les journaux mis à disposition des clients (deux journaux d'informations locaux, un national et un journal sportif).

A partir de midi, nous allons inspecter les chambres avant l'arrivée des clients du jour, faisant la poussière dans les coins et le cas échéant retirant les éventuels cheveux laissés par inadvertance par les hommes de ménage.

Ensuite vient l'heure de pause, où les réceptionnistes vont déjeuner les uns après les autres au réfectoire de l'étage inférieur (le lobby est situé au deuxième étage, le réfectoire et les vestiaires au premier). On bavarde au fumoir, on consulte son smartphone (ou on est carrément scotché à un jeu portable, écouteurs dans les oreilles, Cf. photo ci-contre), on regarde la TV, on sort son ultrabook de sa sacoche pour rédiger son blog, ou on s'allonge pour fermer les yeux quelques dizaines de minutes sur les tatamis installés dans les vestiaires.

 

Sur ces photos nous portons les uniformes d'hiver (de décembre à mi-mars)

La plupart des clients arrivent à partir de 15 heures, horaire officielle du check-in. Les employés debout les accueillent à la porte de leur taxi ou voiture de location, déchargent les bagages sur un chariot et les accompagnent jusqu'à un des bureaux lorsqu'il s'agit d'une ou deux personnes, ou à une des tables basses pour les groupes de clients plus nombreux. Un des employés assis prend le relais : Il porte aux clients des petites serviettes humides pour qu'ils se rafraîchissent les mains ou le visage. Et leur demande de remplir la fiche d'enregistrement avec leurs noms, adresse et numéro de téléphone. Puis il va chercher la fiche de réservation correspondante, pendant qu'un employé debout apporte des verres de thé au jasmin frais (さんぴん茶 sanpin cha).

L'employé assis passe en revue les informations de l'hôtel : horaires des repas, du magasin, possibilité de recevoir des massages au salon du premier étage ou en chambre, fermeture manuelle de la porte, dépôt de la clef à la réception avant de sortir, présence d'un coffre à effets personnel dans la chambre, heure du check-out ; et s'enquiert des projets des vacanciers pour les satisfaire au mieux avec un vaste choix d'activités touristiques (tours organisés, snorkeling, kayak, plongée, stand up paddle, bateau à fond de verre, randonnée nocturne, etc.).

Le check-in terminé, environ 15 minutes plus tard ou plus selon les cas, l'employé debout reçoit la clef de la chambre de l'employé assis et va guider les clients jusqu'à leur chambre pour procéder à un tour complet de celle-ci : vue sur la mer, mot de passe pour le wi-fi, utilisation du diffuseur d'huiles essentielles, emplacement du sèche-cheveux et des pyjamas dans l'armoire sous la TV, utilisation de la machine à café, gratuité des bouteilles d'eau minérale dans le frigo, nécessité de fermer le rideau de douche, et enfin répond aux questions éventuelles avant de leur souhaiter un bon séjour (ごゆっくりお過ごし下さいませ go yukkuri osugoshi kudasaimase).






Les employés assis entrent alors les informations personnelles de chaque client, ainsi que les détails de leur voyage (réservations, heure du départ, du vol, voiture de location ou non),  dans le logiciel OPERA, un système de management de propriété (PMS). Les employés debout, eux, continuent de veiller à la propreté du lobby, et préparent la journée suivante : ils entrent les noms des clients faisant partie d'un tour organisé (団体 dantai) et vérifient les données des clients individuels (個人 kojin) dans OPERA, déroulent et re-roulent les serviettes pour les mains qu'ils placent dans un bac dans le frigo, écrivent sur les étiquettes à bagages nom et numéro de chambre, impriment et plient les informations de l'hôtel et le menu du dîner, remis dans une enveloppe au moment du check-in, avec différents coupons de réductions.

 

En fin de journée, avant de prendre congé à 16h30 ou 17h00 selon les cas (shift de 7 heures et demi ou 8 heures), je sors les poubelles puis je salue mes collègues (お疲れサム! otsukaresamu). Je descend me changer, pointe ma carte électronique et remonte par le bureau pour emprunter la porte de service et traverser le parking dans la douceur de la fin d'après-midi.

mercredi 22 mars 2017

Mme. Watanabe


Mme. Watanabe était médecin à Kobe. Et puis elle en a eu marre des lobbyistes qui lui versaient des sommes indécente pour prescrire leurs médicaments. Elle a pris un aller-simple pour Ishigaki, et, résidant pour une durée indéterminée à l'hôtel où je travaille, elle raconte à qui veut l'entendre à quel point elle se sent libérée et heureuse.

Lorsque j'évoque les différents pays que j'ai arpenté, vivant au jour le jour et travaillant le moins possible, seulement lorsque l'argent venait à manquer ou pour obtenir un visa, son émotion est évidente. Et au moment de prendre le volant de sa voiture de location pour un autre hôtel, après avoir longuement conversé sur le parking, elle me remercie ardemment et laisse échapper une larme.

A la rencontre suivante, Mme. Watanabe m'annonce qu'elle a trouvé un petit boulot au loueur de masques et tubas de la plage de Yonehara. Ca s'est passé comme souvent dans les îles, elle a raconté son histoire, expliqué qu'elle était là pour un moment, et le patron lui a offert un job. Elle pouffe de rire en avouant qu'elle en profite surtout pour utiliser le matériel gratuitement et déguster à l’œil les sorbets de la maison. Elle a acheté au patron une petite voiture pour seulement 220,000 yens, et loue à partir de la semaine prochaine une maison traditionnelle pour un prix dérisoire, à un vieux pêcheur qui ne l'utilise plus.

A l'image du Sieur Nagasaki, nombreux sont ces transfuges qui gagnent à migrer dans les îles du sud, au moins pour un moment.