lundi 5 mai 2014

le "P" de Pierre


Le 4 mai, c'était l'anniversaire d'Ayako Shimabukuro. En tant que cliente de la première heure, elle l'a fêté à Petite Rue, en même temps que les 7 ans d'anniversaire du restaurant!



Elle est venue avec trois de ses amies: Hiroko, Ayumi et Kaoru. Après leur repas, nous les avons invité à rester pour partager le champagne. J'ai découvert qu'Ayako est présentatrice TV au journal de 18 heures sur RBC. Alors je l'ai mise au défi de faire un "P" pendant le journal; défi qu'elle a accepté et relevé in extrémis à la toute fin:


mardi 29 avril 2014

la team Petite rue au restaurant japonais

Et quel restaurant! Pour fêter notre bon travail ensemble à Petite rue, Kenichi et Maiko m'invite dans un restaurant de sushi de grand luxe.


Higokatsu (肥後勝) dans le quartier de Kumoji derrière la préfécture, est réputé pour son sashimi de cheval (馬刺し basashi). Plusieurs morceaux sont présentés, offrant des textures très différentes:


Après cette entrée en matière étonnante, nous dégustâmes des mets plus succulents les uns que les autres; tempura de bourgeons et gorge-noire grillé à la  chair fondante en bouche:


Puis Kenichi enjoigna notre cuisinier, M. Ito - 20 ans d'expérience à Higokatsu -, à continuer de nous préparer des sushi jusqu'à sasiété. Parmi les plus mémorables: sole, thon très haut de gamme et crevettes tigrées. Sans oublier les fabuleux sushi d'oursins, moelleux et si raffinés:


jeudi 24 avril 2014

Été, faune okinawaise

À Okinawa, les chats de gouttières arpentent ostensiblement les rues toute l'année. Les cafards, eux, commencent seulement à poindre le bout de leurs antennes, alors que le climat se réchauffe et l'air devient moite. Bien qu'ils ne s'en servent que rarement, les cafards d'Okinawa ont des ailes:



Dans l'après-midi, j'ai remarqué une belle Lexus grise devant le cordonnier qui fait façe à Jahana Kippan. Ignorant l'homme assi à la place du conducteur, j'ai longuement admiré la voiture; carrosserie impeccablement lustrée, sièges en beau cuir marron clair, vitres teintées à l'arrière. Je me suis demandé qui pouvait en être le propriétaire: sans doute un homme riche, puissant, exerçant dans la politique ou les affaires. En sortant, le conducteur  m'a jeté un bref regard tout en décrochant un rapide mollard vers le sol. Cheveux gominés vers l'arrière, barbe de trois jour, Il arborait un costard noir flambant neuf  et une petite mallette de cuir. Malgré la distance où je me trouvais, le dragon ornant sa cravate m'apparu extraordinairement menaçant. Il m'ignora à son tour, comme je le faisait en m'interaissant à sa voiture, et s'avança à pas précipités vers la boutique du cordonnier où il s'engouffra.

Hier, [xxx] (ce paragraphe est anonymisé à la demande des interessés) a vu une grosse souris dans la cuisine de [XXX]. Elle a crié. Avec [yyy], nous l'avons cherchée en vain et avons posé des pièges sur le sol. Une heure après, en enfilant mes chaussures pour prendre congé, j'ai aperçu l'animal, énorme, se dandiner dans le noir. Puis elle a disparu, et j'ai dit au revoir à [yyy]: "otsukaresama desu!".

Selon James (l'information n'a pas été confirmée), le plus grand clan de yakuza d'Okinawa se fait appeler les "Dragons Noirs".

En marchant vers le Lawson pour aller acheter mon déjeuner, j'ai senti une petite piqure à l'intérieur de mon bras gauche. J'ai tourné la tête et mon regard a rencontré, remontant le long de mon biceps, la plus minuscule araignée que j'aie jamais vu, d'un rouge vif un peu orangé. Elle s'est aussitôt enfuie d'un bond, laissant pas moins de cinq toutes petits Marques rouges en forms de constellation. Trouvant la rencontre plutôt rigolote, et en tout cas sans précédent, j'ai continué de marcher le sourire au lèvres. Puis la douleur s'est declarée, se répandant incroyablement vite à partir de mon bras dans tout le corps jusqu'aux extrémités. J'ai lutté pour ignorer son intensité croissante. Et elle s'en est allé aussi rapidement qu'elle était venue, me laissant un peu grogis au cœur de la foule, et pondérant sur l'effet si puissant d'un minuscule animal sur un bien plus énorme que lui.

Lorsque j'ai raconté l'épisode de la minuscule araignée rouge à Paul au bar, il a fait une mine étonnée. Selon lui, une seule araignée venimeuse habite Okinawa, il s'agit de la veuve marron. Mais elle est bien plus grosse, réside dans les champs, et les effets de sa piqure mettent plusieurs minutes avant de se déclarer. Il s'inquiète que l'araignée rouge aurait sans doute été importé, auquel cas elle pourrait menacer la faune et flore locale.

lundi 21 avril 2014

hentai

Hisano me traduit l'information du jour, entendue sur radio NHK Okinawa: Un homme de loi est accusé d'avoir placé une caméra dans les toilettes pour femmes du tribunal.

samedi 19 avril 2014

Visa

Je sais d'ores et déjà que je voudrais rester vivre sinon à Okinawa au moins au Japon, après que mon visa prenne fin en Février de l'année prochaine.

Pour moi, les grands hôtels sont la meilleure option afin d'obtenir un visa de travail (l'autre option privilégiée par les étrangers souhaitant résider au Japon étant l'enseignement de langue, surtout l'anglais). Jeong, mon colocataire qui travaille à Double Tree by Hilton, m'a déjà informé qu'ils n'embauchent pas pour le moment. J'espère avoir plus de chance à l'hôtel Mercure, qui en plus est un établissement français.

De plus, les diplômes de toutes sortes sont essentiels ici pour postuler à des postes qualifiés. Comme l'explique Kenichi, "si tu as un diplôme, on te fera plus confiance". Ainsi, je vais devoir améliorer mon japonais avant de faire valider mon expérience de barman et gérant de bar. Une fois que j'aurais fait mes preuves, éventuellement avec un ou plusieurs diplômes, je pourrais être efficacement soutenu dans ma demande de visa.

jeudi 17 avril 2014

vacances 2: Yoron

Quatres jours à dormir sur une plage abandonnée, à contempler au réveil le bleu iréel de la mer.


A Yoron on pratique le kempo, encore une tradition propre à la socialisation par consommation d'alcool. Ici nous buvons un alcool de canne à sucre au degré proche de l'Awamori, environ 2 litres. Mais la différence est que toutes les bouteilles que j'ai vu font 1,8 litres, comme celle que j'ai ramenée à mes colocatires:


Après avoir vu faire, je mime au mieux les gestes de mon hôte, M. Shige, qui me tend la bouteille: Premièrement je me sers un verre, que je bois après avoir improvisé un petit speech; je remercie les habitants de leur accueil chaleureux et complimente la beauté de l'île. Je ressert le verre que j'offre cette fois-ci à une personne dans la salle, qui me dit quelques mots, bois, puis me rend le verre. Je le sert de nouveau pour le tendre à une prochaine personne, qui fait de même que la précédente, jusqu'à ce que tout le monde ait participé.

mercredi 16 avril 2014

jeudi 3 avril 2014

Akinawa

Nombreux sont les mystères d'Okinawa.












lundi 24 mars 2014

cuisinier du dimanche

Les noms japonais se composent de plusieurs kanji, ou idéogrammes, souvent deux pour le nom de famille ainsi que le prénom. Chaque nom a donc une signification particulière, déduite de la combinaison des kanji. Par exemple, Shinya 新屋, le nom de famille des propriétaires de Petite rue (le célèbre restaurant français de Naha), peut-être traduit par "marchand de journaux" (新 shin "nouvelles", que l'on trouve dans 新聞 shinbun "journal", et 屋 ya "magasin").


Kenichi 健一 veut dire "pleine forme" (健 ken "santé" et 一 ichi le chiffre "un"). Maiko 麻衣子 signifie sobrement "enfant de la manufacture de chanvre" (麻 ma "chanvre", 衣 "vêtement" et 子 ko "enfant").


Nous nous sommes rencontré à Jahana Kippan, où ils sont venus pour me proposer de travailler avec eux deux au restaurant. Nous avons convenus que je travaillerais en tant que cuisinier tous les dimanches.

En 2002, ils ont passé un an en France avec un visa vacances-travail, comme le mien. Kenichi s'est formé à la cuisine française en travaillant six mois à la brasserie l'Ardoise, situé proche de la Place Vendome à Paris, puis six mois au restaurant gastronomique les Clefs après qu'ils aient déménagé en Champagne. Maiko a pratiqué la pâtisserie au bistro Recette, puis au restaurant de l'hôtel les Berceaux à Epernay. A Petite rue Kenichi prépare les plats, Maiko est spécialiste des desserts et tisanes, et je m'occupe des entrées et plateaux de fromages, ainsi que du service avec Maiko et du divertissement de la clientèle. Ils ont tous les deux un diplôme de sommelier.


Ils me demandent de parler en français avec eux et de contribuer à la "bonne ambiance" du lieu avec quelques mots adressés aux clients (bonsoir, merci, bon apétit). Je suis aussi chargé de renouveler la carte des entrées. Le premier jour, Kenichi m'a demandé d'improviser une recette. J'ai pensé à une ratatouille et omelette, plat simple et inratable. En cherchant des courgettes au marché je suis tombé sur le héchima, un légume d'Okinawa que je n'avais jamais goûté. Etant sur le mode de l'improvisation, j'ai concocté mon plat avec ce légume, avec une pincée de sucre pour en casser l'amertume. La recette complète de cette entrée est:

- ail, oignon, huile d'olive
- héchima, pincée de sucre
- poivron jaune
- tomate
- romarin, sel, poivre, piment d'espelette
- omelette au basilic


Sur le menu nous l'avons appelé "héchima à la provençale et omelette (recette de Pierre) ". Et j'ai dessiné une tête d'ours à côté, qui symbolise dorénavant mes spécialités (mon nom ici est ピエール熊 pieeru kuma "Pierre ours"):


J'ai eu la chance de la servir le soir même un invité de marque: le célèbre illustrateur Osamu Harada, qui quitte Tokyo chaque hiver pour habiter à Okinawa. M. Harada est en outre devenu un client régulier de Petite rue, et a même dessiné la carte de visite du restaurant:

jeudi 13 mars 2014

jeudi 6 mars 2014

Jahana Kippan

Au DOJO BAR, Sam m'a expliqué qu'elle travaille à la confiserie de la femme de James, Hisano. A Jahana Kippan, on fabrique des sucreries à base de "courge cireuse" (ou とうがん tougan) et d'agrumes locaux, depuis environ 300 ans.

De la sixième génération, Hisano a été priée de rentrer de Londres, où elle a vécue une année avec James, pour travailler à la confiserie familiale avec ses parents. Londres lui manque, mais James se plaît bien à Okinawa.

Comme j'avais du temps libre dans l'après-midi, je suis passé visiter le magasin et rencontrer Hisano pour la première fois. Elle m'a accueilli très chaleureusement, puis a annoncé: "Alors tu vas travailler pour le magasin?" "Euh, oui pourquoi pas. Mais je ne parle pas encore très bien japonais; peut-être qu'après quelques semaines je serais capable de comprendre tout ce que vos parents demandent et de travailler avec eux."

La rencontre a du la satisfaire, puisque Hisano m'a appelé l'après-midi même pour travailler à la confiserie le lendemain:


Je travaillerais désormais ici en journée, tout en assurant mon job de barman le soir.

mardi 25 février 2014

OIST

Depuis Lundi et jusqu'à vendredi, je fais du Couchsurfing chez Georges, qui vient de Bulgarie et fais des recherches en physique sur le plastique conducteurs à l'Okinawan Institute of Science and Technology (OIST).

L'impressionnant campus de l'OIST est sorti de terre en seulement 5 ans, bénéficiant d'investissements considérables du cabinet du premier ministre. Cette dépense d'argent, et le fait que l'institut ne dépende pas du ministère de l'éducation, est source de controverse. Les membres scientifiques sont à grande majorité d'origine étrangères, environ 700 personnes, alors que le personnel administratif est davantage issu de la communauté locale. Selon son investisseur, l'OIST est un effort pour re-dynamiser Okinawa, région la plus pauvre du Japon, mais il faudra attendre une meilleure visibilité sur la scène académique globale.


vendredi 21 février 2014

premier salaire

Ce soir j'ai reçu mon premier salaire à Okinawa!

C'est Paul, un professeur d'anglais Australien, qui m'a donné le plan: Il s'agit d'une petite école d'anglais, Mimi's, installée dans une rue parallèle à Kokusai dori depuis près de trente ans. Hier j'y ai rencontré Mimi elle-même, la soixantane, qui a photocopié mon CV et m'a demandé de venir animer deux cours de cinquante minutes le lendemain, le premier avec des enfants et le second avec des adultes, tous de niveau débutant. Elle voulait voir ma "méthode d'enseignement" ("teaching style")! Je n'ai jamais enseigné quoi que ce soit.

Dans l'urgence, je suis retourné au bar le soir même pour y demander conseil à Paul, qui a travaillé trois ans pour Mimi et a été très rassurant quant à la facilité de la tâche. Il suffit de poser des questions simples aux élèves, de les relancer, et de leur demander de se poser des questions entre eux.

Mimi m'a contacté cet après-midi pour que je vienne une heure plus tôt; j'ai donc animé trois cours. Ils se sont plutôt bien passés étant donné que je n'avais aucune expérience dans l'enseignement! La méthode de Paul m'a permit de tenir les cinquante minutes à chaque fois, et Mimi était même satisfaite de ma performance à la fin de la journée. Elle me sollicitera à partir de Mars, comme je suis hors de Naha la semaine prochaine.

Le troisième cours était avec des étudiants avancés d'une moyenne d'âge de soixante ans avec qui nous avons discuté, principalement de cinéma japonais. Tetsuo et les deux autres élèves m'ont parlé d'une série de cinquante films très populaire au Japon, qui prît fin il y a dix ans à la mort de l'acteur principal. Il s'agit de Tora-san, par Yamada Yoji, la plus longue série de films de l'histoire avec 77 volets.




jeudi 20 février 2014

home stay


Comme convenu au téléphone, je me rends chez les Akena ce midi avec mes affaires. A l'interphone, Mme. Akena répond qu'elle descend pour me rencontrer. Elle arrive, semble embarassée par la vue de ma grosse valise et m'invite à déjeuner au restaurant du coin. Là, elle m'explique que son mari n'est finalement plus partant pour m'accueillir dans la chambre.


Je suis évidemment un peu déçu mais confiant de pouvoir trouver une solution de secours (mes deux hôtes précédents m'ont assuré qu'ils seraient là dans ce genre de situation). Pendant le déjeuner je lui mentionne un peu par hasard que mon hôte précédente a traduit mon C.V. la veille, que je lui montre. Elle semble intéressée, le lit à haute voix (nous partageons la toute petite échope avec une table de six jeunes) en entrecoupant sa lecture de "sugoii!" ("oh super!"), et finit par appeler son mari. Il est d'accord pour que je dorme dans la chambre pendant trois nuit.

Arrivé chez eux, au deuxième étage d'un bâtiment de briques rouge foncé, Mme. Akena me conseille de lui montrer mon C.V. M. Akena le scrute en fronçant les sourcils, et me questionne longuement sur les motivations de mon séjours. Je lui décrit mes hôtes précédents, que je réfère en tant qu''amis", ne connaissant pas le mot japonais pour "hôte" ni ne pouvant expliquer le concept de Couchsurfing. Je lui montre leurs cartes de visite, ainsi qu'une invitation à un salon d'art où Hana/Fujino exposera. Il me demande si elle est Okinawaise ou Japonaise, et ses raison d'être à Okinawa. Au bout d'une longue demi-heure, M. Akena se détend enfin un peu à la vue de mes livres de japonais (de la fameuse série "Minna no Nihongo").

C'est alors le moment propice pour leur offrir un calendrier de photos de Bretagne. Ils sont enchantés. Mme. Agena trouve les photos magnifiques, et elle s'empresse de décrocher leur calendrier de photos de chats pour me l'offrir en échange et accrocher mon cadeau.

Autour d'un café glacé, je leur explique mon projet de démarcher du travail dans l'après-midi. La confiance s'installe peu à peu.